INTRODUCTION

Vers le milieu du dix-neuvième siècle, un mouvement de colononisation s’amorce dans la région bas-laurentienne. Des familles délaissent les basses terres près du fleuve pour émigrer vers l’intérieur, agrandissant ainsi le territoire défriché. Ainsi prit naissance la paroisse de Sainte-Françoise. Les premiers colons, établis depuis 1843 dans le 4e rang de Trois-Pistoles et au canton Bégon, obtinrent la reconnaissance officielle du territoire occupé en 1873. Au début, les progrès seront plutôt lent; mais l’évolution s’intensifiera pendant les premières décennies du vingtième siècle.

A. LES PIONNIERS

~ Jérémie Beaulieu et son frère

C’est à l’automne 1843 que M. Jérémie Beaulieu, marié à Mme Domitille Rioux le 16 août 1842, à Trois-Pistoles, et sa famille viennent s’établir définitivement au 4e rang dans les profondeurs de Trois-Pistoles. Les premiers hivers sont assez pénibles; outre la pauvreté et l’absence de toute commodité que comporte l’habitat dans un camp de bois rond, ce jeune ménage connait une bien dure épreuve; le décès de leur deux premiers enfants. Domitille Rioux, dans sa vieillesse, ne racontait jamais les péripéties de ces hivers sans une profonde émotion. La présence du premier défricheur en encourage d’autres à venir se fixer à Sainte-Françoise. Ce n’est cependant qu’après trois longues années d’attente que la famille pionnière a le bonheur de voir arriver un autre colon. En effet, M. Henri Beaulieu, le frère ainé de Jérémie, qui épousa Rosalie Morin le 9 septembre 1834, vient s’établir sur la terre voisine.

~ Autres défricheurs

En 1848, M. Jérémie Beaulieu et sa famille laissent le camp de bois rond pour s’installer dans une nouvelle maison un peu plus au nord, au 4e rang Est, à l’endroit même où demeure aujourd’hui M. et Mme Raymond Bérubé. Cette année-là, il semble aussi que M. Prime Rioux de Trois-Pistoles ait acquis une terre au 4e rang. Le 12 août 1842, il en fait donation à son fils Charles. Ce denier la vend à M. le curé Léon Roy, le 26 janvier 1856. Le prix de vente: quelques louis qu’on paiera en grain et autres effets. L’ acte notarié en fait foi. Cette transaction, qui peut paraître anodine pour certains, mit au coeur des vaillants défricheurs du 4e rang une lueur d’espoir. C’était l’aube bienfaisante d’une glorieuse journée. Il faut avoir vécu des heures d’espérance pour en comprendre toute la réalité.

~ Chapelle provisoire

Dès le printemps 1857, commença l’ébauche des travaux préliminaires pour la construction de la première maison du bon Dieu en ces lieux. Tous y allèrent de leur générosité en fournissant le bois nécessaire à la résidence du prêtre. Elle servit aussi de lieu de culte temporaire jusqu’en 1864, année de la construction de la chapelle permanente. Tout se fit à la joyeuse corvée. La première messe fut célébrée le 7 juin 1859. Quand le missionnaire ne pouvait venir le dimanche, les citoyens se réunissaient à la chapelle pour prier, chanter des cantiques à la Sainte Vierge et lire l’Évangile du dimanche. Il est intéressant de savoir que le bois utilisé pour cette construction a été préparé au moulin à chasse de Jérémie Beaulieu, situé à quelques arpents de sa demeure, près d’un petit ruisseau.

~ Institution de la paroisse

On doit noter ici qu’en 1854, notre paroisse, détachée de Trois-Pistoles et du canton de Bégon, portait le nom de mission de Notre-Dame-des-Bois. Cette mission a, par la suite, reçu le vocable de Sainte-Françoise, veuve romaine. La paroisse fut érigée canoniquement le 29 janvier 1873 par Mgr Jean Langevin. On trouvera plus de détails à ce sujet au Chapitre 2 qui traite de la vie religieuse de la paroisse.

~ Territoire antérieur

Le 4 mars 1929, suite à un démembrement d’une partie du territoire de Saint-Mathieu, on permettait d’établir, par décret, l’annexion à Sainte-Françoise dudit territoire, le 2 juillet de la même année. En 1930, Sainte-Françoise sera annexée au comté de Rivière-du-Loup, au moment où celui de Rimouski est scindé en deux.

B. PROGRÈS CONSTANTS

~ Dénomination des rangs et des rues

Les anciens appelaient nos rangs comme suit: la Côte du Bic, le rang Saint-Ambroise; le 4e rang Ouest, le rang Saint-Joseph; le 4e rang Est, le rang Sainte-Marie; le 5e rang Est, le rang Saint-Dominique; le 5e rang Ouest, le rang Saint-François de Sales; le 8e rang, le rang Saint-Louis.

La demande de citoyens qui voulaient s’établir et certaines attentes exprimées par les paroissiens amenèrent la municipalité à se pencher assez tôt sur une identification des rues du village. Ainsi, un prolongement de bout de chemin demandé par Mlle Alma Saucier se nomma rue Notre-Dame. Le 2 septembre 1947, une motion fut présentée pour faire identifier la rue qui commençait en face de chez M. Willie Rioux; celle-ci, d’une longueur de 720 pieds, longeait la terre de la Fabrique, pour aboutir à la route du village en passant entre les propriétés de MM. Alfred Boulay et Jean D’Amours. C’est M. Joseph Morin qui fut nommé surintendant spécial pour le développement de cette rue nommée St-Jean-Baptiste. Initialement, les rues dans le haut du village se nommaient St-Médard, Ste-Marie et Notre-Dame; celle dans le bas, Saint-Jean-Baptiste.

À la suite de l´évolution de l’histoire de la paroisse, la municipalité voulut donner une nouvelle appellation à ses rues en les rebaptisant. En mai 1972, la rue St-Jean-Baptiste devint la rue Bouchard. Le 9 janvier 1978, la rue du 4e rang qui traverse le village se nomma rue Commerciale; la rue Ste-Marie fut baptisée Magloire-Rioux; la rue Notre-Dame reçut le nom de Ouellet; la rue nommée St-Médard devint la rue des Loisirs et la rue Bouchard s’appela rue de la fabrique.